3ème Journée Distribution et RSE
De la conception d’un point de vente à une offre produits responsable
La troisième journée Distribution et RSE s’est déroulée ce jeudi 2 avril 2009 sur le thème « De la conception d’un point de vente à une offre produits responsable ».
Cette journée thématique, comme les deux précédentes, avait pour objectif de faire le point sur les pratiques des distributeurs en matière de RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) et de DD (développement durable).
Deux tables rondes, animées par des enseignants chercheurs et des praticiens d’entreprises, portaient sur l’application d’une démarche RSE au point de vente et sur les offres de produits responsables des distributeurs. Deux conférences ont également été organisées. La première en ouverture de la journée, présentait les enjeux du marketing sociétal et le programme Winplanet.org. La seconde, en clôture de la journée, s’interrogeait sur les impacts de la crise sur les politiques RSE des entreprises.
Pour la conférence d’ouverture, Patricia SEROR, dans un premier temps, a porté le débat sur le champ du marketing sociétal (regroupant le marketing écologique, le marketing solidaire, le marketing éthique et le marketing équitable) ainsi que sur la difficulté que rencontre le consommateur lorsqu’il doit faire la différence entre des entreprises réellement engagées, des entreprises qui acceptent de s’engager si cet engagement permet d’augmenter leurs profits et enfin des entreprises qui communiquent sur une image responsable sans engagement réel. Pour aider le consommateur à faire la part des choses, il est donc urgent de pratiquer une communication elle-même responsable, encadrée par des lois, des normes et des labels officiels. Ensuite Mike HADJADJ, Directeur de la communication chez Wincor Nixdorf, spécialiste des solutions d’encaissement pour la distribution et la grande distribution, a présenté son programme Winplanet.org dont l’objectif principal est de promouvoir et partager les initiatives originales de la distribution et des banques en matière de protection de l’environnement.
Table ronde 1 : Comment appliquer une démarche RSE à un point de vente ?
Les intervenants de cette table ronde ont débattu sur l’éco-conception du point de vente à travers, dans un premier temps, la présentation de la démarche engagée par Carrefour Property. Celle-ci repose sur quatre objectifs de performance : minimiser l’impact sur l’environnement, optimiser l’architecture bioclimatique, réduire la consommation d’énergie et optimiser les usages de l’énergie. Les choix de Carrefour portent également sur des équipements qui permettent d’obtenir le meilleur retour sur investissement afin de pouvoir déployer sur le parc les bonnes pratiques. D’autres acteurs de la grande distribution sont également engagés dans de telles démarches (Auchan est innovant en matière de récupération d’eau de pluie, Casino, dans le développement de l’énergie photovoltaïque). L’ADEME, quant à elle, soutient et renforce les démarches des distributeurs, en leur apportant à la fois une expertise technique, des moyens financiers, des conseils en matière de communication. Pour cela elle s’appuie sur trois types d’actions : des accords cadres (comme celui signé avec Botanic sur la réduction de l’impact environnemental des bâtiments et des sites), une plate forme d’excellence « planète gagnante » et l’édition de guide permettant de conseiller mais aussi de diffuser les bonnes pratiques. Cette diffusion doit s’accompagner d’une communication car, comme le souligne Perifem, les démarches innovantes des distributeurs, sont méconnues du grand public dans la mesure où elles ne sont pas visibles en magasin. Enfin les résultats d’une recherche réalisée en France et au Québec portant sur l’éco conception de produits a permis de mettre en évidence les retombées économiques de tels produits pour les entreprises, à la fois en matière d’innovation et de protection de l’environnement, mais également pour le consommateur au niveau des modes d’usage des produits ainsi qu’au niveau des prix.
Table ronde 2 : Comment les distributeurs gèrent-ils une offre produits responsable ?
Cette table ronde, rentre dans le vif du sujet en mettant en évidence, à travers les recherches conduites par Phillipe ROBERT-DEMONTROND, les divergences de conception et de pratique entre les acteurs du commerce équitable. Ces divergences sont le résultat de compréhensions et d’interprétations variées, voire conflictuelles, du concept lui-même, qui ne revêt pas de définition stable, mais se définit plutôt en fonction des pratiques de chacun. Les présentations des intervenants renforcent cette idée en mettant en évidence la diversité des pratiques de gestion des offres de produits responsable. Ainsi, pour Système U une offre de produits responsable doit s’inscrire dans une démarche globale reposant sur différentes dimensions, comme l’exercice de ses responsabilités sur les achats de l’entreprise, la minimisation des impacts environnementaux du produit tout au long de son cycle de vie, l’accompagnement des fournisseurs et producteurs locaux pour mieux maîtriser leurs impacts environnementaux, la recherche d’un bon positionnement prix, une information aux consommateurs… Pour Ethiquable, l’offre produits responsable repose sur le principe de l’économie solidaire et de l’économie sociale. Enfin, pour Lush, une offre produits responsable repose sur des valeurs fortes, qui se retrouvent à la fois dans la conception des produits et dans leur commercialisation.
La conférence de clôture, animée par Michel CAPRON, sur l’avenir de la RSE face à la crise mondiale et propose deux scénarios : ou bien la crise limite les moyens d’action des entreprises et ne leur permet plus d’engager des démarches volontaires en matière de RSE, voire même la crise les contraint à revoir les exigences minimales en terme social et environnemental, ou bien la crise contraint les entreprises à revoir complètement leur manière de penser et d’agir et la RSE pourrait alors servir de levier pour sortir de la crise.
Cette journée s’est déroulée à l’Université Paris 12 Val de Marne (IAE Gustave Eiffel) et a été organisée par les étudiants du Master 2 Marketing et Management des réseaux commerciaux. Elle a été co-animée par Laure LAVORATA et Isabelle VANDANGEON-DERUMEZ, enseignantes-chercheures à l’université Paris 12.




